Le processus d’admission d’un proche en maison de retraite marque un tournant significatif dans la vie des familles. Souvent émotionnellement chargé, il nécessite une préparation et un accompagnement rigoureux. Les proches jouent alors un rôle essentiel au senior, en offrant soutien et réconfort pendant cette transition.

 

I – Préparer et accompagner la transition

Préparer l’entrée en maison de retraite pour l’un de ses proches peut être une étape lourde à porter, et est souvent retardé par les familles.

Toutefois, lorsque la vie à domicile n’est plus possible, à la fois pour le senior et pour le proche aidant, l’entrée en établissement spécialisé peut être la meilleure option. Ainsi, il est essentiel de se préparer correctement à cette possibilité et de choisir la maison de retraite la plus adaptée aux besoins du senior.

Plusieurs visites sont parfois nécessaires, afin de prendre connaissance des différents points clés de la vie en maison de retraite.

 

II – De proche aidant à visiteur

Les critères primordiaux à prendre en compte sont évidemment la qualité des soins prodigués, mais aussi la proximité géographique du domicile familial.

En effet, après avoir été un proche aidant pendant une longue période, on a parfois du mal à « laisser partir » notre parent. Cela peut engendrer chez les enfants un sentiment d’abandon du proche et de culpabilité.

Toutefois, les aidants peuvent continuer d’accompagner leur parent, même après l’entrée en maison de retraite. Cela peut se faire par le biais de visites récurrentes, mais ils peuvent également choisir d’être informés quotidiennement de la vie de leur proche via des emails, par exemple. Ces possibilités de suivi peuvent varier d’une maison de retraite à une autre.

 

III – Le rôle de la médiation familiale

Il est possible que l’entrée d’un proche – et particulièrement d’un parent – en maison de retraite puisse être un sujet délicat, plus précisément lorsque qu’il y a plusieurs proches avec des avis divers à l’origine de cette décision.

La médiation familiale peut alors jouer un rôle clé lorsque le sujet devient une source de conflits. Il s’agit d’un processus de prise de décision dans lequel un médiateur professionnel neutre intervient, pour faciliter le dialogue entre les différentes parties.

Cette approche permet d’aborder les différentes options, tout en prenant en compte les besoins et désirs de la personne âgée concernée.

Il s’agit d’un service mis en place et soutenu par le réseau Unaf-Udaf et la CNSA.

 

IV – Maintenir le lien et les droits des résidents

Une fois l’entrée en maison de retraite actée, il est nécessaire, pour le bien-être du résident notamment, de recevoir constamment de la visite. Il s’agit même d’un droit, mis en avant dans la loi « Bien Vieillir » adoptée le 8 avril 2024, qui stipule qu’aucune visite ne peut être refusée au senior si elle bénéficie à son bien-être et ne met pas en danger sa sécurité ou celle d’autrui.

Les visites des proches en maison de retraite sont ainsi fortement encouragées. Et pour permettre à un maximum de personnes de pouvoir rendre visite aux seniors, les établissements proposent des plages horaires assez larges, de sorte à pouvoir toujours accueillir les proches après leur journée de travail.

 

V – Quoi faire lors de la visite d’un proche ?

Pour ce qui est des moments de partage, les enfants peuvent tout à fait participer aux repas avec les autres résidents. Cela leur permet de partager un moment fort du quotidien de leur proche. Toutefois, il est nécessaire de signaler sa présence suffisamment en avance.

Le repas est facturé en supplément en fonction du nombre de convives.

 

Une autre solution pourrait être la salle privative. Elle peut être mise à la disposition des familles, pour des retrouvailles plus intimes.

Enfin, la présence de jeunes enfants (les petits-enfants généralement) est très encouragée, car elle contribue au bien-être des résidents en stimulant leur journée.

 

VI – Passer du temps avec mon proche hors de l’établissement

Rendre visite aux seniors dans leur maison de retraite n’est pas la seule façon de prévenir leur isolement. Les familles peuvent également organiser des activités en extérieur, dès l’instant que l’état de santé de leur proche le permet.

Il peut aussi bien s’agir d’activités de quelques heures, d’une journée entière, voire d’un séjour au domicile du proche, notamment lors d’un weekend ou des vacances.

Pour réaliser ce type d’escapade, il est nécessaire de prendre conseil auprès du médecin de l’établissement. Il faut également être en mesure de poursuivre les traitements médicamenteux éventuels ainsi que les soins en cours. Des professionnels de santé comme des infirmiers à domicile, peuvent vous soutenir le temps de ce séjour.

 

A noter également que les journées d’absence seront facturées par l’établissement, qui déduira les coûts de restauration et d’hôtellerie du prix de journée à partir de 72 heures d’absence (Code de l’action sociale et des familles, article R314-204). Également, une absence prolongée, pouvant être égale ou supérieure à un mois, peut avoir une incidence sur le versement des aides comme l’allocation personnalisée d’autonomie.