La bientraitance en maison de retraite est cruciale pour le bien-être des seniors. Elle se caractérise par le respect, l’écoute et la prise en compte des besoins des résidents, tout en prévenant les risques de maltraitance.

Cette approche ne se contente pas de l’absence de maltraitance, mais inclut une démarche proactive d’amélioration continue de la qualité des soins et du respect de la dignité des personnes âgées. Les statistiques précises sur l’efficacité de la bientraitance sont rares, mais la recherche indique clairement que des environnements bienveillants réduisent grandement la probabilité de maltraitance

I – Formations du personnel travaillant avec les personnes âgées

La formation du personnel en maison de retraite est essentielle pour assurer une prise en charge respectueuse et bienveillante des seniors.

De façon complète, elle apprend aux aidants et personnels soignants à identifier les situations à risques, à prévenir les maltraitances, et à assimiler des techniques d’accompagnement. La formation comprend l’enseignement de la communication non violente, l’attention portée à l’individualité de chaque résident, et le respect de leurs choix personnels.

Ainsi, pour travailler sur la bientraitance – terme né en opposition à la maltraitance – des méthodes comme « l’Humanitude » voient le jour. Elles se concentrent notamment sur des techniques de soin, qui favorisent le respect et la dignité des personnes âgées. Le principe de bientraitance s’articule autour de 5 axes :

  • Un accompagnement adapté aux besoins de chacun,
  • Le respect du bien-être, des droits, des choix et des refus des seniors,
  • La valorisation de l’expression des personnes prises en charge,
  • La sollicitation à la réflexion de la part des professionnels de santé,
  • L’adaptation à l’évolution des pratiques de bientraitance.

De plus, les programmes de formation peuvent inclure des modules sur la gestion des comportements difficiles, la prévention des chutes, et les soins personnalisés, tous essentiels pour améliorer la qualité de vie des résidents.

Suivies par le personnel médical des établissements, ou par les proches des personnes âgées, ces formations aident à créer un environnement où les abus sont moins probables. Les aidants sont ainsi mieux préparés pour répondre aux besoins complexes des seniors.

II – Surveillance et évaluation de la bientraitance en établissement

Pour s’assurer que les établissements respectent les normes de sécurité, de confort, et maintiennent une organisation adéquate, il n’est pas rare que les Agences Régionales de Santé (ARS) réalisent des inspections inopinées. Ces visites permettent de vérifier non seulement l’environnement physique des établissements (respect des normes de sécurité, de santé et d’hygiène), mais aussi les conditions de travail du personnel, essentielles pour garantir un service de qualité.

De plus, chaque établissement est tenu de réaliser tous les cinq ans, une évaluation autonome de ses pratiques de bientraitance. Le résultat de ce questionnaire est soumis aux ARS, aux Conseils généraux ainsi qu’à l’Agence Nationale d’Évaluation et de la qualité des Établissements et Services Sociaux et Médico-sociaux (ANESM). L’analyse de ces résultats permets aux maisons de retraite d’apporter des améliorations de façon proactive, notamment concernant l’accueil et la prise en charge des résidents.

Puis dans les deux ans suivant cette auto-évaluation, une autre évaluation est faite, en externe. L’objectif de cette dernière est de formuler des recommandations que l’établissement devra mettre en place pour améliorer la bientraitance de ses résidents.

Un Conseil de la Vie Sociale (CVS) est également mis en place. Il est composé de représentants des résidents et de leurs familles, ainsi que du personnel et du gestionnaire de l’établissement. Les concertations permettent d’assurer que chaque partie est prise en compte dans le fonctionnement de l’établissement et dans la promotion de la bientraitance.

III – Notion d’Humanitude

La méthode Humanitude, développée par Yves Gineste et Rosette Marescotti, est centrée autour de plusieurs piliers clés tels que le respect inconditionnel de la personne âgée, l’évitement des soins forcés, et le maintien de l’autonomie par des encouragements quotidiens à l’activité physique et sociale. Elle préconise également des interactions fréquentes et significatives entre le personnel et les résidents pour maintenir une communication efficace et une compréhension mutuelle.

La formation à l’Humanitude n’est pas seulement une série de techniques, mais une transformation de la culture des établissements de soin, assurant que chaque interaction avec un résident est réalisée avec compassion et respect.

Les établissements qui adoptent cette méthode et obtiennent le label Humanitude, montrent un engagement profond envers la qualité des soins et le respect des résidents, souvent reflété par une satisfaction accrue tant chez les résidents que chez leur famille.

Afin d’obtenir ce label, les établissement doivent suivre une formation de trois ans, dont la mise en place des principes est vérifiée par des experts. Le label étant valable pendant 5 ans, les maisons de retraite qui le possèdent sont donc soumises à des visites de suivi et une auto-évaluation annuelle.

IV – Impact de la bientraitance sur les seniors

 

Les pratiques de bientraitance ont un impact significatif sur la santé mentale et physique des résidents en maisons de retraite. Les bénéfices incluent une réduction des symptômes de la dépression, une amélioration du bien-être général, et souvent une augmentation de l’espérance de vie.

En outre, un environnement qui valorise la bientraitance peut réduire les comportements agressifs ou désorientés chez les seniors, en particulier ceux souffrant de démence.

Le respect constant de la dignité et l’engagement envers le confort des résidents créent une atmosphère de sécurité et de confiance, qui est fondamentale pour leur bien-être.