
Novembre est un mois important pour le Movember. Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France, avec environ 59 800 nouveaux cas estimés en 2018, selon Santé publique France. Il a causé 9 200 décès en 2021, selon l’Institut national du cancer. Détecté tôt, il se soigne bien : la survie à cinq ans atteint 93 %. Aucun dépistage organisé n’existe en France. La Haute Autorité de santé ne recommande pas de dosage systématique du PSA, en raison du risque de surdiagnostic et de surtraitement. La démarche repose sur un échange avec le médecin, qui tient compte de l’âge, des antécédents familiaux, des symptômes et de l’état de santé général. Après 75 ans, la question du dépistage se pose différemment. Movember, en novembre, invite les hommes à consulter et à parler de leur santé, y compris de leur moral.
Faut-il se faire dépister du cancer de la prostate après 60 ans ? Il n’existe pas de réponse unique, et c’est justement ce qui déroute. En France, aucun programme ne convoque les hommes comme pour le cancer du sein ou du côlon. Le dosage du PSA se décide au cas par cas, après une discussion éclairée avec le médecin traitant.
Cette nuance n’enlève rien à l’enjeu. Beaucoup d’hommes repoussent les consultations, minimisent un symptôme urinaire ou n’en parlent pas à leurs proches. Novembre, avec Movember, est une bonne occasion de remettre le sujet sur la table, sans alarmisme ni tabou.
Né en Australie au début des années 2000, Movember tient son nom de la contraction de « moustache » et « november ». Pendant un mois, les participants se laissent pousser la moustache pour sensibiliser à trois grands sujets : le cancer de la prostate, le cancer des testicules et la santé mentale masculine.
Après 60 ans, c’est surtout le premier qui concerne les familles. Mais le troisième mérite tout autant l’attention, on y reviendra.
Les données officielles dressent un tableau à la fois sérieux et rassurant :
Ce contraste s’explique en partie par la diversité de la maladie. Certaines tumeurs évoluent très lentement et ne poseront jamais de problème au cours d’une vie. D’autres sont plus agressives et doivent être traitées sans tarder. Tout l’enjeu du dépistage est de distinguer les unes des autres.
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La Haute Autorité de santé ne recommande pas de dépistage systématique par dosage du PSA dans la population générale. Sa crainte principale : découvrir des cancers qui n’auraient jamais évolué, puis les traiter, avec des effets secondaires parfois lourds comme l’incontinence urinaire ou les troubles de l’érection.
L’Institut national du cancer rappelle aussi qu’un PSA élevé n’est pas un diagnostic. Au-delà de 4 ng/mL, sept hommes sur dix n’ont pas de cancer de la prostate. Une infection, une hypertrophie bénigne ou même un effort récent peuvent faire monter ce taux.
La démarche se construit donc en plusieurs étapes, toujours avec le médecin :
Il n’y a pas d’âge officiel en France, puisque le dépistage n’est pas organisé. L’Association française d’urologie, plus favorable à une détection précoce, propose d’en discuter à partir de 50 ans, et plus tôt en cas de facteurs de risque : père ou frère touché par ce cancer, origine africaine ou antillaise. Le bon réflexe consiste à aborder la question lors d’un bilan avec son médecin traitant.
À cet âge, l’intérêt d’un dépistage sans symptôme diminue nettement. Un cancer de la prostate découvert tard évolue souvent lentement, et les traitements peuvent peser davantage que la maladie elle-même. La décision dépend alors de l’état de santé global, des autres pathologies et des souhaits de la personne.
En revanche, l’âge ne doit jamais faire négliger un symptôme. Dépistage et diagnostic sont deux démarches différentes.
À un stade précoce, le cancer de la prostate ne provoque généralement aucun symptôme. Quand des troubles urinaires apparaissent, ils sont le plus souvent liés à une hypertrophie bénigne de la prostate, très fréquente avec l’âge. Mais seul un médecin peut faire la différence.
Certains signes justifient de consulter sans attendre :
Les hommes consultent souvent plus tard que les femmes et parlent moins volontiers de leurs difficultés. Après la retraite, et plus encore après un veuvage, certains se retrouvent seuls avec des habitudes de santé qu’ils n’ont jamais eu à gérer : rendez-vous médicaux, alimentation, traitements.
Movember rappelle que la santé masculine comprend aussi le moral. Une humeur durablement sombre, un repli sur soi, une perte d’intérêt pour ce qui plaisait auparavant ne sont pas « normaux avec l’âge ». Ils méritent d’être évoqués avec le médecin traitant, au même titre qu’un trouble physique.
Les leviers de prévention restent classiques mais efficaces : rester actif, maintenir des liens sociaux, surveiller son poids et arrêter de fumer à tout âge.
Les levers nocturnes. Se lever plusieurs fois par nuit pour uriner fatigue, mais expose surtout aux chutes dans l’obscurité. Un éclairage automatique sur le trajet et des barres d’appui près des toilettes font partie des réflexes simples. Pour aller plus loin, notre guide explique comment adapter la salle de bain d’une personne âgée.
Le suivi des traitements. Certains traitements du cancer de la prostate, notamment hormonaux, peuvent fragiliser les os ou entraîner une fatigue importante. Noter les questions avant chaque rendez-vous et accompagner le proche quand il le souhaite aide à ne rien oublier.
La pudeur. Les troubles urinaires ou sexuels liés à la maladie ou aux traitements sont rarement abordés spontanément. Signaler simplement au médecin qu’il peut en parler, sans forcer la confidence, ouvre souvent la porte. Pour l’entourage, savoir accompagner un proche aidé sans se substituer à lui reste un équilibre délicat.
La surveillance active. Quand le médecin propose de surveiller un cancer à faible risque plutôt que de le traiter tout de suite, certains proches s’inquiètent. C’est pourtant une stratégie reconnue, qui évite des traitements inutiles tout en suivant l’évolution de près.
Un diagnostic, une hospitalisation ou des traitements prolongés modifient parfois l’équilibre du quotidien, surtout pour un homme qui vit seul. Les trajets vers l’hôpital, la fatigue, la gestion des rendez-vous peuvent devenir lourds. Prendre le temps d’évaluer son niveau d’autonomie aide à anticiper les besoins sans précipiter les décisions.
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Une moustache ne guérit rien, mais elle a le mérite de faire parler. Si elle pousse un père, un frère ou un grand-père à prendre rendez-vous chez son médecin ce mois-ci, Movember aura rempli son rôle.
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