
Passer le cap des 65 ans en bonne santé, ce n’est pas une question de chance. C’est souvent le résultat d’un suivi médical régulier, structuré, qui permet de détecter précocement ce que l’organisme vieillissant peut développer silencieusement (parfois pendant des années) avant que les premiers symptômes n’apparaissent.
Le paradoxe des pathologies liées à l’âge, c’est qu’elles sont souvent les plus discrètes dans leurs débuts et les plus lourdes de conséquences quand elles sont détectées tardivement. L’hypertension artérielle, le diabète de type 2, certains cancers, l’ostéoporose, le glaucome… autant de conditions qui se traitent infiniment mieux à un stade précoce qu’une fois les complications installées.
Cette liste est un outil pratique, conçu pour les seniors eux-mêmes et pour leurs proches. Elle ne remplace pas l’avis du médecin traitant, qui reste le chef d’orchestre du suivi médical, mais elle permet d’aborder les consultations avec les bonnes questions et de ne laisser passer aucun examen essentiel.
Au-delà des consultations liées à des symptômes ou des maladies chroniques, une consultation annuelle dédiée au bilan global est recommandée après 65 ans. Elle permet de faire le point sur l’ensemble de la situation : traitements en cours, évolution des constantes, santé psychologique, autonomie, risques de chute.
Ce que cette consultation devrait systématiquement inclure :
Ce que les familles oublient souvent de vérifier : si leur proche a bien un médecin traitant déclaré et s’il le consulte effectivement au moins une fois par an pour un bilan global et pas uniquement pour le renouvellement d’ordonnances.
Une prise de sang annuelle prescrite par le médecin traitant permet de surveiller un ensemble de paramètres essentiels :
La France propose des programmes de dépistage organisé pour trois cancers, dont certains concernent directement les seniors :
Cancer colorectal : dépistage recommandé de 50 à 74 ans via le test immunologique fécal (anciennement Hémoccult), renouvelé tous les deux ans. Le kit est envoyé automatiquement à domicile par l’Assurance Maladie. Après 74 ans, le dépistage continue sur prescription médicale selon le profil de risque individuel.
Cancer du sein : mammographie de dépistage tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans dans le cadre du programme national. Après 74 ans, le dépistage individuel reste recommandé selon les antécédents.
Cancer du col de l’utérus : frottis recommandé jusqu’à 65 ans.
Cancer de la prostate : pas de dépistage organisé en France, mais un dosage du PSA peut être discuté avec le médecin traitant chez les hommes de 50 à 70 ans présentant des facteurs de risque.
Faut-il continuer les dépistages du cancer après 75 ans ? Oui, mais de façon individualisée. Au-delà des programmes organisés, le médecin traitant évalue au cas par cas l’intérêt d’un dépistage selon l’état général, l’espérance de vie et les antécédents de la personne. L’âge seul n’est pas un critère d’arrêt des dépistages.
La fracture du col du fémur est l’une des complications les plus redoutées chez les seniors et l’ostéoporose qui la favorise est parfaitement dépistable et traitable. L’ostéodensitométrie (ou DXA) est remboursée par l’Assurance Maladie sur prescription médicale dans plusieurs situations : femme ménopausée avec facteurs de risque, homme de plus de 70 ans, traitement corticoïde prolongé, fracture survenue pour un traumatisme mineur.
Le résultat, exprimé en T-score, permet d’adapter le traitement et la prévention des chutes de façon ciblée.
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La vision se modifie avec l’âge, c’est inévitable. Mais certaines pathologies oculaires évoluent de façon insidieuse et peuvent entraîner une perte de vision irréversible si elles ne sont pas détectées à temps.
Les examens à réaliser régulièrement :
Un bilan cardiologique est recommandé en cas de facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, diabète, tabagisme, obésité, antécédents familiaux) ou à la demande du médecin traitant. L’électrocardiogramme (ECG), l’échographie cardiaque et l’holter tensionnel font partie des examens couramment prescrits dans ce cadre.
La santé bucco-dentaire est directement liée à la santé générale et c’est l’un des domaines les plus négligés chez les seniors. Des problèmes dentaires non traités peuvent entraîner des difficultés de mastication avec impact sur la nutrition, des foyers infectieux chroniques, et même des complications cardiovasculaires.
Ce que les familles oublient souvent de vérifier : si les prothèses dentaires de leur proche sont toujours bien ajustées. Une prothèse mal adaptée est souvent la cause d’une alimentation réduite ou appauvrie, sans que le lien soit fait spontanément.
La perte auditive liée à l’âge touche 65 % des personnes de plus de 70 ans. Elle est progressive, souvent compensée inconsciemment pendant des années, et a des conséquences réelles sur la vie sociale et les fonctions cognitives. Un lien entre perte auditive non appareillée et déclin cognitif est désormais bien documenté.
À quelle fréquence consulter un audiologiste après 65 ans ? Un bilan auditif tous les deux ans est raisonnable en l’absence de symptômes. En cas de gêne perçue ou signalée par l’entourage, une consultation dans l’année est recommandée. L’appareillage auditif est remboursé dans le cadre du dispositif « 100 % Santé » depuis 2021.
Pour connaître l’ensemble des examens de prévention pris en charge par l’Assurance Maladie selon l’âge et le profil, le portail ameli.fr propose une liste actualisée des bilans et dépistages remboursés. Une ressource pratique à consulter avant chaque rendez-vous médical.
La vaccination n’est pas réservée à l’enfance. Après 65 ans, plusieurs vaccins sont recommandés et pris en charge :
La dépression touche entre 15 et 20 % des personnes de plus de 65 ans et elle est chroniquement sous-diagnostiquée chez les seniors, dont les symptômes ressemblent souvent à de la « fatigue liée à l’âge » plutôt qu’à une tristesse exprimée.
Un bilan psychologique fait partie d’un suivi médical complet. La question « comment vous sentez-vous moralement ? » mérite d’être posée explicitement par le médecin traitant et d’être abordée par le senior ou sa famille si elle ne l’est pas spontanément.
Peut-on bénéficier d’un suivi psychologique remboursé après 65 ans ? Oui. Depuis 2022, le dispositif MonPsy permet d’accéder à huit séances annuelles chez un psychologue conventionné, remboursées par l’Assurance Maladie sur orientation du médecin traitant. Ce dispositif s’applique à tous les assurés, sans limite d’âge.
La qualité du suivi médical dépend aussi de la facilité d’accès aux soins et cette facilité est directement liée au lieu de vie. Un senior vivant dans un logement isolé, sans transport adapté, loin des professionnels de santé, a statistiquement moins de chances de bénéficier d’un suivi régulier qu’une personne vivant en résidence senior ou à proximité d’un centre de santé.
Les résidences autonomie et les résidences services seniors bien situées facilitent l’accès aux consultations médicales : médecin traitant à proximité, transport organisé, coordination avec les équipes de soins. C’est un critère souvent sous-évalué lors du choix d’un établissement.
Si vous accompagnez un proche dans la réflexion sur son logement, un conseiller spécialisé peut vous aider à identifier les solutions qui combinent confort de vie et accès facilité aux soins, gratuitement, sans engagement, et avec toute la bienveillance que cette démarche mérite.
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