
La décision de placer un proche en EHPAD est difficile à prendre pour une famille.
Cette situation est souvent source d’un profond sentiment de culpabilité. La question du placement en EHPAD se pose rarement de manière soudaine : elle émerge généralement suite à une accumulation de signes inquiétants, comme la mauvaise gestion des médicaments, une perte progressive d’autonomie, ou un événement déclencheur tel qu’une chute grave.
Savoir identifier ces signes permet d’anticiper et d’aborder la question du placement avant qu’une situation de crise ne l’impose. Cet article détaille les principaux signaux d’alerte qui doivent amener à envisager un placement en EHPAD, pour le bien-être et la sécurité de son proche âgé.
La perte d’autonomie physique se manifeste progressivement et peut mettre en danger la sécurité du senior vivant seul. Il est essentiel de reconnaître ces signes dès leurs premières apparitions pour éviter des situations potentiellement dangereuses.
L’incapacité à maintenir une hygiène correcte est l’un des signes les plus révélateurs de la perte d’autonomie. Une personne qui prenait auparavant soin d’elle-même peut progressivement négliger son apparence et son hygiène personnelle, non par choix, mais par réelle difficulté à accomplir ces gestes quotidiens.
La négligence de l’hygiène corporelle devient visible à travers plusieurs aspects :
Ces signes peuvent révéler des difficultés physiques à se laver seul, mais aussi parfois une forme de désinvestissement de soi liée à une dépression sous-jacente.
Les difficultés à se laver seul représentent un enjeu majeur. La toilette nécessite en effet de combiner équilibre, souplesse et force, tout en gérant les risques de glissade dans la salle de bain. Lorsqu’une personne âgée commence à espacer ses douches ou refuse l’aide pour la toilette, cela peut signifier qu’elle éprouve des difficultés importantes mais n’ose pas les exprimer.
Les problèmes d’incontinence mal gérés constituent un signal particulièrement préoccupant. Au-delà de l’inconfort évident, ils peuvent entraîner des complications cutanées et avoir un impact majeur sur la vie sociale. Une personne qui n’arrive plus à gérer son incontinence de manière autonome a besoin d’un accompagnement professionnel régulier.
Le choix des vêtements peut également devenir problématique. Des habits inappropriés à la saison (pull épais en été, tenue légère en hiver) ou mal ajustés peuvent indiquer des difficultés à s’habiller seul ou des troubles du jugement. Cette désorganisation vestimentaire est parfois le reflet d’une désorientation temporelle plus globale.

Les troubles de la mobilité représentent l’un des facteurs les plus déterminants dans la décision d’un placement en EHPAD.
Les chutes répétées constituent un signal d’alarme majeur car elles peuvent avoir des conséquences dramatiques, particulièrement chez les personnes âgées vivant seules.
Les chutes à répétition ou les « presque-chutes » doivent être prises très au sérieux.
Même sans gravité immédiate, elles témoignent d’une instabilité croissante et peuvent générer une peur de tomber qui, paradoxalement, augmente le risque de nouvelles chutes.
En effet, le senior aura tendance à limiter ses mouvements mais cela entraîne une diminution de la masse musculaire et de la souplesse.
Les difficultés dans les escaliers sont particulièrement révélatrices. Une personne qui commence à monter ou descendre les marches en se tenant fermement à la rampe, qui prend beaucoup de temps ou qui évite complètement d’utiliser les escaliers montre des signes inquiétants de perte de mobilité, surtout si elle vit dans une maison à étages.
La démarche instable ou traînante n’est pas toujours une simple conséquence normale du vieillissement. Elle peut révéler des problèmes neurologiques, articulaires ou musculaires qui nécessitent une évaluation médicale. Une modification de la façon de marcher peut également indiquer une peur de tomber qui s’installe.
L’utilisation inadaptée des aides à la marche (canne, déambulateur) peut paradoxalement augmenter les risques. Certaines personnes refusent d’utiliser ces aides par fierté ou les utilisent de manière incorrecte, ce qui peut conduire à des situations dangereuses.
L’autonomie dans la prise des médicaments est essentielle chez les personnes âgées, particulièrement lorsqu’elles souffrent de pathologies chroniques nécessitant des traitements réguliers. Une mauvaise gestion des traitements peut avoir des conséquences graves sur la santé.
Les principaux signes à surveiller sont :
Ces erreurs, prises isolément, ne signifient pas nécessairement une perte d’autonomie importante. Cependant, leur répétition fréquente doit alerter, particulièrement si elles concernent des traitements essentiels comme ceux pour l’hypertension, le diabète ou les troubles cardiaques.
La cuisine constitue l’une des zones les plus dangereuses du domicile pour une personne âgée en perte d’autonomie. Les risques d’accidents y sont nombreux et peuvent avoir des conséquences dramatiques. L’utilisation des appareils de cuisson devient particulièrement problématique lorsque les troubles de la mémoire ou de l’attention s’installent.
Les plaques de cuisson oubliées représentent l’un des dangers les plus sérieux. Ces oublis peuvent se manifester de différentes manières :
Les aliments brûlés régulièrement ne sont pas qu’un problème culinaire. Ils témoignent souvent :
La manipulation dangereuse des ustensiles et des appareils électroménagers devient également préoccupante. On observe souvent :
Les problèmes de sécurité domestique s’étendent au delà de la cuisine et révèlent souvent une difficulté croisante à gérer son environnement quotidien.
Des conséquences sur la sécurité du logement et de ses habitants :
Les petits départs de feu ou situations à risque se multiplient :
Ces situations peuvent mettre en danger non seulement la personne âgée mais aussi son entourage, particulièrement dans les logements collectifs.
L’incapacité à maintenir un logement propre est souvent révélatrice d’une perte d’autonomie. Au-delà de l’aspect esthétique, cette négligence peut créer des conditions de vie dangereuses pour la santé :
Les réparations urgentes non effectuées peuvent créer des situations dangereuses :

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Les troubles cognitifs et comportementaux constituent des signaux d’alerte particulièrement importants car ils peuvent compromettre la sécurité du senior et sa capacité à vivre de manière autonome.
La désorientation spatio-temporelle est l’un des premiers signes de troubles cognitifs à surveiller. Elle se manifeste progressivement et peut mettre la personne âgée en danger, particulièrement lorsqu’elle vit seule.
Les principaux signes de désorientation comprennent :
Cette désorientation peut avoir des conséquences graves au quotidien :
Les troubles de la mémoire qui dépassent les oublis occasionnels normaux du vieillissement doivent particulièrement alerter. Il n’est pas toujours facile de différencier les troubles de la mémoire non-alarmant de ceux qui annoncent un début de perte d’autonomie mentale.
Voici des exemples d’oublis qui doivent alerter :
Ces troubles peuvent s’accompagner de comportements préoccupants :
Les changements de comportement radicaux doivent être pris au sérieux, particulièrement s’ils s’installent dans la durée. Ils peuvent révéler une souffrance psychologique ou des troubles cognitifs plus profonds.
Les modifications comportementales peuvent se manifester par :
Ces changements s’accompagnent souvent de :
La présence de ces troubles cognitifs et comportementaux, particulièrement lorsqu’ils se cumulent, peut nécessiter un encadrement professionnel permanent. Il est conseillé de consulter rapidement le médecin traitant de la personne âgée car ces comportements peuvent également être le signe d’une dépression ou du développement d’autres maladies mentales comme Alzheimer.
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Il est important de prendre du recul sur la situation car la plupart de ces signes, pris indépendamment, ne sont pas nécessairement révélateurs d’un besoin de placement en EHPAD en urgence.
Être attentif aux signes de perte d’autonomie vous permettra d’appréhender les problèmes en amont afin d’explorer les différentes solutions disponibles comme :
La curatelle est moins contraignante, permettant à la personne de conserver une part d’autonomie, tandis que la tutelle est plus restrictive. Découvrez quelles sont les différences entre la mise d’un senior sous curatelle et sous tutelle.
Si ces solutions ne sont pas suffisantes, la question d’un emménagement en maison de retraite se pose. Avant cela, plusieurs étapes sont importantes :
Si votre proche est réfractaire à la discussion, consultez notre article sur les différents conseils pour convaincre un proche d’entrer en maison de retraite.
Tous les logements adaptés aux personnes âgées ne sont pas forcément des EHPAD. En fonction du niveau d’autonomie du senior, plusieurs alternatives existent :
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