
Facebook a souvent été présenté comme un réseau en déclin, progressivement abandonné au profit de TikTok et Instagram par les nouvelles générations. Ce diagnostic est juste pour les moins de 35 ans. Mais il passe à côté d’une réalité bien plus nuancée : Facebook se maintient en tête du classement national avec 70,2 % des internautes français qui l’utilisent et chez les seniors, son emprise est particulièrement forte. Comprendre comment les personnes âgées utilisent cette plateforme en 2026, c’est mieux comprendre une génération qui s’est approprié le numérique à sa façon, avec ses propres codes et ses propres motivations.
Le cliché du senior réfractaire au numérique s’effrite chaque année un peu plus. En France, selon une étude de l’INSEE réalisée en 2025, plus de 60 % des personnes âgées de plus de 65 ans utilisent régulièrement des plateformes comme Facebook ou Instagram.
Facebook reste le réseau social le plus fréquenté par les 60 ans et plus : d’après une étude de Médiamétrie, plus de 45 % des internautes seniors y sont inscrits, dont 72 % des 60-69 ans.
Ces chiffres méritent d’être mis en perspective. WhatsApp arrive en deuxième position avec plus de 42 % d’utilisation chez les plus de 60 ans connectés, mais Facebook conserve une longueur d’avance significative, notamment parce qu’il offre des fonctionnalités que WhatsApp ne propose pas : la découverte de contenu, les groupes thématiques, les événements locaux.
Selon des chiffres de Médiamétrie, les seniors de plus de 65 ans passent 1h32 sur leur smartphone en moyenne par jour. Une durée qui surprend et qui signifie que Facebook n’est plus une curiosité ponctuelle, mais une habitude quotidienne bien ancrée pour une large partie de cette génération.
L’erreur serait de croire que les seniors utilisent Facebook de la même façon que leurs enfants ou petits-enfants. Leurs usages sont distincts, cohérents, et révèlent des besoins profonds.
C’est de loin la motivation principale. Pour un senior dont les enfants vivent à Lyon, Bordeaux ou au Canada, Facebook est devenu le fil conducteur qui maintient le sentiment d’appartenance familiale. Photos de vacances, nouvelles des petits-enfants, anniversaires, événements familiaux partagés en temps réel… la plateforme remplit un rôle que le téléphone seul ne peut plus assurer.
Ce qu’on observe concrètement : les seniors privilégient la consultation passive (regarder, liker, commenter discrètement) sur la publication active. Beaucoup lisent sans jamais poster, ce qui rend leur présence invisible pour les algorithmes mais réelle dans leur quotidien.
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61 % échangent au moins une fois par semaine sur un groupe thématique dédié à leur région, leur village ou une passion. C’est ici que l’usage senior de Facebook révèle toute sa richesse.
Les groupes les plus fréquentés par les personnes âgées :
Pour une partie significative des seniors, Facebook est devenu une source d’information principale, ce qui soulève des questions légitimes sur la qualité et la fiabilité des contenus consommés. Les pages de médias locaux, de mairies, d’associations culturelles sont très suivies par cette tranche d’âge.
Ce que les familles oublient souvent de vérifier : les sources que leur proche consulte sur Facebook. La désinformation circule sur toutes les plateformes, mais les seniors, moins habitués à croiser les sources, peuvent être plus exposés à certains contenus inexacts, particulièrement sur des sujets de santé. Un échange ouvert et non condescendant sur la vérification des informations est souvent plus efficace qu’une mise en garde autoritaire.
54 % des plus de 75 ans sont en situation d’illectronisme selon l’INSEE (enquête TIC-ménages 2025). Ce chiffre rappelle que la fracture numérique n’a pas disparu, elle s’est déplacée. Les 60-74 ans sont largement connectés ; les 75 ans et plus restent en grande partie à l’écart, souvent par manque d’accompagnement initial plutôt que par désintérêt.
Peut-on apprendre à utiliser Facebook à 80 ans ? Oui, et des exemples concrets le démontrent chaque jour. La condition n’est pas l’âge, c’est la qualité de l’accompagnement. Les ateliers numériques proposés par certaines mairies, bibliothèques et résidences seniors permettent d’acquérir les bases à son rythme, sans jugement et sans pression.
Les escroqueries visant les seniors sur les réseaux ont augmenté de 53 % entre 2021 et 2023, alerte la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr. Faux profils, phishing via Messenger, jeux-concours frauduleux : la prudence reste de mise.
Les signaux d’alerte à transmettre à un proche senior :
60 % des seniors n’ont jamais modifié les options de partage ou de visibilité de leurs publications, les exposant parfois à des situations inconfortables comme des photos partagées publiquement sans le savoir, des informations personnelles accessibles à des inconnus. Une vérification des paramètres de confidentialité lors d’une prochaine visite est un geste simple qui peut éviter bien des désagréments.
Dans les établissements seniors, Facebook joue un rôle croissant dans le maintien du lien avec l’extérieur. Les pages Facebook des résidences et EHPAD sont devenues des vitrines de vie sociale (photos d’animations, annonces d’événements, messages des familles) qui permettent aux résidents de rester connectés à leur entourage même quand les visites physiques sont limitées.
Facebook est-il adapté aux personnes atteintes de troubles cognitifs légers ? Avec un accompagnement approprié, oui ! Pour une personne en début de maladie d’Alzheimer, retrouver des photos de famille sur Facebook peut déclencher des souvenirs précieux et créer des moments d’échange. Mais cela nécessite une utilisation encadrée : tablette configurée, paramètres simplifiés, accompagnement humain au moment de la consultation.
Pour les familles qui s’interrogent sur le cadre de vie le mieux adapté à leur proche (en termes de vie sociale, de connexion numérique et d’animation au quotidien) le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose des ressources utiles pour comparer les solutions d’hébergement et comprendre les dispositifs d’accompagnement disponibles.
L’accès au numérique et la qualité de la connexion internet sont devenus des critères à part entière dans le choix d’une résidence senior. Un établissement qui propose une connexion wifi fiable dans les parties communes et les logements, des ateliers numériques réguliers et des tablettes en libre accès répond à un besoin réel et contribue directement à la qualité de vie de ses résidents.
Si vous accompagnez un proche dans cette réflexion, un conseiller spécialisé peut vous aider à identifier les établissements qui intègrent cette dimension numérique dans leur projet de vie. Cet accompagnement est entièrement gratuit et sans engagement d’aucune sorte.
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